Des bons moments chez les Tibétains

Diersonzi (13).JPG

[7ème village pour l’équipe de Dialogue sur Terre, à Diersonzi, en Chine sur le plateau tibétain, près Xining]

Le 10 décembre 2009 – non loin de l’Hymalaya – Ludo

Nous voila partis. Au revoir, Diersonzi.

Je ne saurais dire ce qui ma le plus plu dans ce village tibétain, perché à 3200 mètres d’altitude, où habitent des fermiers toute l’année et des nomades en hiver.

Audrey et moi étions logés chez les parents de Namchin, notre traducteur. Ces derniers, Rabi et sa femme Yungmu, nous ont royalement accueilli. Comme pour les autres habitants de Diersonzi, l’hiver est la saison creuse pour ce couple de fermiers, ce qui nous a permis de passer beaucoup de temps avec eux, à discuter, à manger, à jouer…

Un peu comme en Mongolie, les habitants du village sont d’une hospitalité surprenante, pour nous, occidentaux. D’autant plus que nous étions les premiers blancs à pénétrer dans ce village. Lors de nos balades dans le village, nous avons été très souvent invités à boire du thé et manger du pain, quelle que soit l’heure de la journée. Il était d’ailleurs bien difficile de refuser, quand bien même nous n’avions ni soif ni faim, devant l’insistance de nos hôtes qui répétaient : « Tcha tun, kuri sou ! », « bois du thé, mange du pain ! ». Nous avons rapidement appris à dire en tibétain que nous étions rassasiés : « diersonzi ». Ce mot, vital pour qui ne veut pas manger trois fois plus que nécessaire, nous l’avons d’ailleurs choisi pour renommer le village (le contexte politique faisant que nous préférons taire son véritable nom).

En parlant de ça, nos papilles se sont vraiment régalées durant ce séjour. En arrivant au village, nous avons été surpris par leur pain, vraiment proche de ce qu’on trouve en France. La cuisson s’y fait à même le sol, sous un tas de foin et d’excrément d’animaux embrasés. Quel bonheur de goûter ce pain à peine sorti de son four naturel ! Nous avons bien sûr aussi beaucoup apprécié un des plats typiques : la viande de yack (ou de mouton), dont les meilleurs morceaux – et surtout les meilleurs abats ! – sont rassemblés dans une grande bassine en plastique et mangés avec les mains.

Nous avons découvert les tsambas, spécialités traditionnelles, faites à partir de farine d’orge grillée, de beurre de yack, de sucre, et de plus ou moins de thé au lait selon la consistance voulue. Elles se mangent notamment tous les matins, à mon plus grand plaisir car c’est le premier village où les petits déjeuners sont sucrés. Ainsi chaque matin, juste avant que le soleil n’apparaisse et ne fasse disparaître le froid hivernal, je me rendais dans la cuisine et me collais au feu de bouses de yacks, assis sur un petit tabouret. Yungmu me mettait alors dans les mains un bol de tsamba, y ajoutait du thé et me donnait une baguette pour mélanger. Cela me rappelait les bouillies Blédine de mon enfance, très bourratives quand on met peu de lait, mais bigrement bonnes.

Diersonzi (232).JPG

De Diersonzi, je me rappellerai aussi des nombreuses parties d’échecs tibétains que nous avons jouées. Rabi, le père de notre traducteur, nous a appris les règles et quelques stratégies de ce jeu local. L’échiquier était tracé à la craie à même le sol, devant la maison, des cailloux et des crottes de moutons faisant office de pions.

Diersonzi (43).JPG

Autre moment mémorable : le ramassage de bouses de yacks. Audrey et moi nous nous sommes proposés pour aider Yungmu dans cette tâche qui se déroule à quelques kilomètres du village, sur les hauteurs, où les nomades font paître leurs bêtes. Nos hôtes, qui prennent grand soin de leurs invités, nous avaient vivement déconseillé d’y aller, arguant que la marche était difficile (ça grimpe à 3500 m d’altitude), et qu’il faisait très froid. Nous avons bien fait de ne pas céder : La balade et le ramassage nous ont enchanté et nous n’avons pas eu froid. Cette activité, qui pourrait sembler ingrate, m’a plutôt procuré une sensation agréable, un contact direct avec cette superbe nature, un travail simple, évident. Il y avait comme un air de vendange, mêlé à la satisfaction de collecter si facilement l’énergie qui nous chauffera les jours suivant.

Diersonzi (129).JPG

Quelques réflexions sur cette bonne pratique environnementale m’a traversé l’esprit durant cette activité. En effet, l’utilisation des excréments d’animaux (de yack, mais aussi de moutons et d’ânes), combustible on ne peut plus renouvelable, remplace presque complètement le charbon pour se chauffer et cuisiner. C’est surprenant comme ce qui ailleurs est considéré comme un déchet brûle bien !

En revenant de la collecte, en fin de matinée, Yungmu, était apparemment très contente de nous. Elle a raconté à ceux qui voulaient l’entendre que nous avons été « supers », si bien que le lendemain, tout le village était au courant de notre expérience !

Diersonzi (147).JPG

Au final, je me suis vraiment plu dans ce village. Avant d’arriver, j’appréhendais un peu le froid et l’altitude de cette région, mais je peux dire que la chaleur des habitants m’a vite fait oublier mes peurs.

5 réponses à “Des bons moments chez les Tibétains”

  1. Adrian dit :

    Ihr seid schon so wiet, Gratuliere!

    Das ist eine interessante Erlebnis.

    Mein fater ist wieder besser.

    Ich wuensche euch viel Kraft und Spass.

    Adi.

  2. Lecteur assidu dit :

    Bon alors, les enfants, je trouve votre manière de voyager, de village en village, chez l’habitant, vraiment vachement bien.
    Mais alors, il faut arrêter avec votre fantasme d’être les premiers blancs à aller dans des endroits accessibles par la route. Vous hallucinez !!! Je sais pas pour ce village-là, mais j’avais déjà lu ça sur un autre post (en Mongolie à moins de 20 bornes d’UB ou dans les terrasses du dos du dragon ou encore au Laos…) et franchement, vous me faites bien rigoler !
    Ne soyez pas si naïfs.
    C’est bien ce que vous faites, mais cessez de vous prendre pour des explorateurs jésuites du XIXème siècle, sortez du catéchisme, arrêtez de vouloir évangéliser de pauvres villageois qui vous ont rien demandé, et comprenez bien que ça n’enlèvera rien à la magnifique expérience que vous êtes en train de vivre là. Pareil pour les fantasmes de « ces populations du tiers-monde qui échangent avec des sourires quand nous, méchants occidentaux, rassasiés de consommation, ne savons plus vivre… » C’est n’importe quoi. Pire que le pire des clichés. Je vous conseille vivement de (re)voir « Affreux, sales et méchants » de Fellini, et de laissez le mythe du bon sauvage à nos aïeux…
    On est au XXIème siècle. Ce que vous faites est beau mais loin d’être unique. Je suis sûr que vous le savez et que vous rencontrez aussi de nombreux voyageurs. Tous ne font pas que suivre les traces des types du Lonely planet et je serais bien surpris si vous n’en avez pas rencontré sur votre route.
    Et pourquoi ne jamais parler des aspects rebutant des populations que vous rencontrez… Des problèmes d’alcoolisme en Mongolie, des chinois sympas mais si insupportables dans la promiscuité des trains à long trajet, des misères écologiques qu’ils font subir à leur propre pays, des rabatteurs de l’Asie qui ne voient chez vous que des pompes à fric… Pourquoi refuser d’ôter vos oeillères tiers-mondistes ?
    Désolé pour le ton un peu vif de ce commentaire. Je suis sûr que vous vous en remettrez. Je vous dis ça parce que j’aime vraiment bien ce que vous faites mais que certaines de vos réflexions me désespèrent… surtout après tous ces kilomètres.
    Bon vent à vous,

    Un lecteur assidu.

  3. admin dit :

    Bonjour

    Effectivement nos reflexions nous poussent a trouver le bon dans les modes de vie que l’on decouvre (du moins ce que l’on peut en comprendre en 7-10 jours sur place), c’est l’objet de notre projet, c’est pourquoi on parle surtout de ca.
    Cependant, je ne pense pas, malgre ce que tu avances hativement, cher lecteur asssidu, que l’on ignore les mauvais cotes de ce que l’on observe. Je t’invite a lire les fiches de synthese publiees et a venir pour t’en assurer (http://www.dialoguesurterre.fr/projet_dl.php).

    Joyeux noel

  4. admin dit :

    Je souhaite ajouter une remarque. Si nous disons être les premiers occidentaux dans le village, c’est que les villageois nous le disent. Oui, ce genre d’endroit existe encore! Souvent il ne s’agit pas d’un lieu où les habitants vivent tout nu dans les arbres, vierge de toute modernisation… NON ! Au contraire! Il s’agit souvent d’un village en cours de modernisation (TV, motos, pas d’habits traditionnels…) qui n’intéressent pas vraiment le routard lambda, mais qui nous intéresse, nous.

    Si nous donnons cette précision c’est qu’elle a un sens. En effet un village dans lequel les touristes ont l’habitue d’aller peut avoir changer de mentalité: adaptation du mode de vie, de l’alimentation, pour ces étrangers. Nous avons, par exemple eu une étranger surprise à la fin de notre séjour en Mongolie lorsqu’on a réclamer plus d’argent, à cause, en partie, de la présence du tourisme dans la région. Au contraire, dans le village du Nord de la Chine, les relations étaient désintéressées et il a été difficile de les payer.
    Il est assez difficile en seulement 8-10 jours d’enlever l’image du riche blanc, alors nous préférons les lieu où cette image n’est pas encore trop encrée.

  5. philippe12 dit :

    Bonjour a vous 4.

    je ne suis pas un lecteur assidu mais je vous approuve a 100%.
    voir le mal partout …ou le bien est une belle illusion…et ce n’etait pas dans votre cahier des charges.
    La critique est un art..et …le silence aussi..si a 25 ans on a pas de reves apres c ‘est trop tard.
    la vie est merveilleuse et je trouve qu’au cours de ce voyage vous avez …embellis….

    vous m’ avez donne envie d’y retourner…cet ete je repars labas avec mon fils…
    Merci et bonne fin de voyage.

    Namasté

Laisser un commentaire