Une soirée au pavilllon

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{4eme étude depuis le début de notre voyage. Aidi, petit village à coté de Guilin dans le sud de la Chine}

Aidi – le 6 octobre 2009 – Audrey

Guillaume et Mariette ne nous ayant rejoints au village qu’au bout de 4 jours (ils étaient bloqués à Shanghai à cause de la journée nationale), nous n’avons pas pu faire notre spectacle d’introduction comme nous le faisons d’habitude. Nous nous préparons pour le jouer le lendemain de leur arrivée.

A quelle heure ?

La question n’est pas simple… aucune heure ne convient aux travailleurs des champs. Seul le soir, après le repas, quand il fait déjà nuit noire, convient à tout le monde… sauf à moi. En effet, je trouve que la nuit enlève un élément à notre spectacle : le décor ! Je trouve ça dommage, mais bon.. Allons-y pour 20h30 !

Où ?

Autre question importante car le village n’a pas réellement de place centrale. A l’entrée du village 2 petit pavillons forment une sorte d’arche. Les villageois nous proposent de le faire dans le plus grand des pavillons, d’un diamètre d’environ 4m. Je suis de nouveau sceptique : comment faire tenir le public ?

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Dans quelles conditions physiques ?

Ben vous l’aurez compris, je ne suis pas dans mon meilleur jour. Surtout que je me suis fait une petite foulure 2 jours plus tôt en faisant des photos sautées. Je garde une bande, mais la cheville continue à me tirer de temps en temps.

Et résultat ?

Un spectacle comme on n’en avait jamais eu : des réactions à chaud du public entre 2 chansons : « ca veut dire quoi ? », des acclamations toutes les 2 secondes lors de la jongle, des tentatives d’attrapage de balon lors du taptap, des commentaires entre eux qui provoquent un fou rire à un moment pas forcément très drôle, et un tonnerre d’applaudissements lors du bisou de Mariette pour Ludo qui lui donne une fleur… moment kitsh assuré ! Heureusement qu’on leur avait demandé d’être silencieux !

Je ne le vis pas de manière aussi forte qu’à Xiao Chao où nous avions une excellente énergie entre nous. Cette fois-ci l’énergie n’est pas interne, elle est externe, elle vient du public lui-même. C’est impressionnant de voir comme les cinquante personnes présentes admirent et acclament nos moindre gestes. C’est quand même très rigolo !

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Et après ?

La soirée n’est pas finie. Les habitants de Aidi ont encore soif de spectacle. Nous chantons la chanson chinoise que nous avons apprise à Xiao Chao, mais ils en demandent encore. C’est maintenant leur tour! Ils attrappent leurs meilleurs chanteurs, contre leur gré, et les incitent à chanter. Après quelques minutes à se débattre, les chanteurs finissent par se lancer : à tour de rôle un homme et une femme improvisent a capella, sur une mélodie harmonieuse, des paroles exprimant leur joie de nous recevoir. J’écoute avec émotion.

La chanson terminée, vient le moment de la danse. Les jeunes du villages apportent enceintes et lecteur CD pour animer la soirée. Seuls quelques téméraires, principalement les jeunes, dansent avec nous, les autres nous regardent, amusés. En temps masqué, les verres se remplissent et se vident aussi vite du vin de riz artisanal. Les têtes commencent à tourner, nous rions gaiement. Guillaume prend sa lampe pour faire un effet de stroboscope. Des jeunes le relaient ensuite.

Enfin, une moto surgit dans le chemin de terre menant au village : le barbecue arrive ! Les jeunes, apparemment très motivés à passer une bonne soirée, ont commandé des petites brochettes de viande à Longcheng, soit plus d’1h de route de Aidi. Quelques braises suffisent à chauffer les quelques brochettes que l’on distribue ensuite aux personnes encore présentes, toutes générations
confondues.

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Nous rentrons nous coucher, mais les jeunes de Aidi, la musique à fond, poursuivent leur soirée sous le pavillon….Ils sont fous ces Chinois!

Audrey

Pictures/Toutes les photos ici

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