Un spectacle en trio

Jagan Ki Dhani (Rajasthan, Inde) – 27/01/10 – Mariette

A Jagan Ki Dhani, petit village dans le Rajasthan, nous avons joué notre spectacle, comme nous le faisons à chaque fois que nous arrivons dans un nouveau village. Mais cette fois-là a été très particulière, puisque nous n’étions que 3 au lieu de 4… Guillaume avait choisi de passer plus de temps à Rishikesh pendant que nous découvrions l’extrême ouest du pays.

« – Alors, qu’est-ce qu’on fait? Ca serait quand même sympa de chanter au moins quelques chansons pour la famille d’Ali et les autres villageois. Ils ne sont pas nombreux en ce moment, ça sera plutôt intimiste comme ambiance. Et on n’a pas besoin de Guillaume pour ça, on a des chants qui sonnent bien à 3 voix.

– Non mais, attendez, on pourrait carrément tenter de jouer le spectacle ! Je suis sûre que ça passe à 3, faut juste qu’on adapte quelques trucs.

– Ouais, pourquoi pas, ça peut être marrant en tout cas ! Par contre ça risque de nous occuper pas mal, en temps de répétition…

– Non, mais réfléchissons à ce qu’on peut adapter sans trop de problèmes… Au début, la jongle… Ludo, tu te sens d’assurer tout seul ?

– Euh… ben là quand même, ça change tout si y a pas Guillaume !

– On n’a qu’à dire qu’on zappe ce premier sketche, et qu’on commence tout de suite avec le ballon-Terre. Ludo, c’est toi qui la fais tourner, puis on enchaîne avec « En sortant de l’école ». Et là, au niveau du chant, faut voir, mais je pense que c’est jouable sans Guillaume.

– Et au niveau de la mise en scène, aussi. Au début, on joue avec le ballon. On peut le faire sans lui, c’est pas gênant. On peut adapter en improvisant, pas besoin de se prendre la tête.

– Par contre, au moment du train, il faudrait que ce soit moi qui sois devant, sinon ça va gêner pour la scène du bisou. Mais pour enchaîner après la corde à sauter ça marche pas…

– Bah, si ! on peut dire que c’est d’abord Ludo qui fait la locomotive, après je lui prends le ballon en me mettant devant lui, puis tu fais pareil.

– Ah ouais, ça doit marcher comme ça. Et après je me débrouille toute seule pour faire tourner le soleil derrière vous. Ouais, c’est bon, je vais m’éclater…!

– Bon bref, il faut juste qu’on répète une fois, mais on devrait s’en sortir. Pour le tap tap, … on laisse tomber ?

– Ben non, pourquoi ?

– Vous vous rappelez pas le temps qu’on a passé pour le monter ? Pour assimiler les mouvements, les enchaînements, les rebonds de balle… Ca n’a pas été facile, et là sans Guillaume, ça change pas mal de repères. Il faudrait qu’on passe beaucoup de temps à répéter.

– Non, mais je suis sûre qu’il y a moyen, faut le tenter ! On se prend 2h cet après-midi pour caler les passes, et ça sera bon.

– Oui, je suis d’accord. De toute façon, on ne perd rien à essayer. On verra pendant la répét’ si ça passe.

– Bon, remarque, c’est vrai que c’est surtout Guillaume qui avait du mal…

– Ouais, quel boulet celui-là… On n’est pas bien sans lui, les filles? Vous en avez, de la chance…

– Ludo, t’es un sacré blagueur… Bon, et sinon, après ça on arrive à la machine infernale, et là aussi, il faut qu’on change des choses.

– Oui, on le fera une fois pour changer les mécanismes, on simplifiera. Ensuite, on explose, on se réveille, on ramasse la Terre. Pas de problème. Pour le thaï chi, il faudra juste qu’on change de places, qu’on se mette en triangle pour que ça soit joli. Et après, on arrive à la danse africaine… et là Ludo, t’as intérêt à assurer, tout seul aux percus ! Il faut que ça soit bien pêchu !

– Pas de problème les filles, vous me prenez pour qui ? Par contre, pour la chanson, y a pas moyen que je fasse les 2 en même temps…

– OK, donc raison de plus pour que t’assures avec la darbouka ! On prend le frichti et on se retrouve derrière lamaison pour répéter ?

– Euh… en parlant de frichti… c’est pas Guillaume qui a gardé le matos ?

– …

– Ah ben si… donc on n’a pas de ballon, pas de pompe, pas de balles (mais finalement on n’en a plus besoin),… pas de percu ?

– Si, j’ai gardé la darbouka!

– Ouf ! Alors par contre il faut qu’on trouve un ballon. »

Nous n’avons pas trouvé de ballon chez Ali, qui ne nous a proposé que deux petites balles. Donc Audrey s’est finalement attelée à la fabrication d’une superbe balle bleue en tissu, bourrée de vêtements. Une balle qui ne rebondit pas et qui ne se dégonfle pas, ce qui nous a obligés à changer quelques détails supplémentaires dans le spectacle. Mais finalement, en 2h de répétition, on s’est mis d’accord sur les principales adaptations, et on se sentait prêts à jouer le soir même.

Vers 18h, tout le village était rassemblé dans la cour de la maison d’Ali. Le village, en hiver ça représente moins de 20 personnes, puisque la plupart des familles partent en ville pour travailler. Le spectacle a eu, une fois encore un réel succès : les spectateurs avaient un sourire jusqu’au oreilles, on a eu des applaudissements là où on ne les attendait pas forcément (et pas d’applaudissements à la fin, mais on commence à être habitués !), et des fous rires, notamment sur la danse africaine. Quant à nous, on s’est bien fait plaisir. Le fait d’être dans une nouvelle configuration où tout n’était pas très bien calé a rajouté un peu de piment à la prestation, nous demandant d’être concentrés du début à la fin pour réagir aux imprévus. Et on s’est bien amusés !

Après notre prestation, nous avons demandé aux enfants de nous chanter des chansons… Et là, ils se sont rués sur la « scène » pour gigoter et crier, morts de rire. En fait je crois qu’ils nous chantaient bien des chansons, mais chacun une chanson différente et à tue-tête. On s’est demandé s’ils n’étaient pas en train de nous faire une parodie de notre danse africaine… En tout cas, tant d’euphorie ça fait plaisir à voir !

2 réponses à “Un spectacle en trio”

  1. Narber dit :

    Un seul etre vous manque, et tout est… à reconstruire dans ce monde dépeuplé…
    Qui a dit que les français étaient les rois du système D ? Vous etes les dignes descendants de la GS, seule voiture au monde capable de rouler sur 3 roues grace à sa suspension hydropneumatique !!
    Et vous allez nous doubler le Paganini, en supprimant (provisoirement) encore un autre membre de la troupe ??
    Pour les danses africaines, le ragazze, entrainez-vous, car à partir de maintenant, vous allez voir ce que c’est réellement, et physiquement (souplesse et vivacité), vous allez souffrir pour vous mesurer à des vraies. M’enfin je dis ça parce que je vous ai jamais vu opérer, autant vous en remontrerez à toutes les jeunettes habituées aux travaux de force et de souplesse depuis toutes pitites..!!
    Wend na kond bilfou !
    Narber

  2. Marie B dit :

    Sympa la retranscription du dialogue!
    Audrey, la couture te manque?
    Bises

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