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	<title>Dialogue sur Terre</title>
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	<description>Les infos du projet Dialogue sur Terre</description>
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		<title>Prochaines dates</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jul 2011 12:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[~ Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[### Samedi 28 avril à St Paul de Varces &#160; &#8212;&#8211;&#8212;&#8211;&#8212;&#8211;  Détails  &#8212;&#8211;&#8212;&#8211;&#8212;&#8211; &#160; samedi 28 avril à 20h30, à la salle des fêtes de St Paul de Varces (38) Tarif : tout public 8€  -  enfants 5€ Réservations au 04 76 72 99 59 &#160; Voir la page des spectacles passés.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><strong>### Samedi 28 avril</strong> à St Paul de Varces</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em><em><em>&#8212;&#8211;</em>&#8212;&#8211;</em><em>&#8212;&#8211;</em>  Détails  </em><em>&#8212;&#8211;<em>&#8212;&#8211;</em><em>&#8212;&#8211;</em></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li><strong><strong>samedi 28 avril</strong> </strong>à 20h30, à la salle des fêtes de St Paul de Varces (38)<br />
Tarif : tout public 8€  -  enfants 5€<br />
Réservations au 04 76 72 99 59</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voir la page des <a title="Les spectacles passés" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/?page_id=1593">spectacles passés</a>.</p>
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		<title>Dialogue [sur Terre] en Humanité</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jul 2011 12:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[~ Divers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.dialoguesurterre.fr/blog/?p=1571</guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;association Dialogue sur Terre était présente à l&#8217;événement Dialogues en humanité, le 1er, 2 et 3 juillet, au parc de la tête d&#8217;or, à Lyon. Nos animations, l&#8217;arbre à utopie et la visualisation, ont fait bien des émules parmi les promeneurs. Voir toutes les photos.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;association Dialogue sur Terre était présente à l&#8217;événement <a href="http://dialoguesenhumanite.org/" target="_blank">Dialogues en humanité</a>, le 1er, 2 et 3 juillet, au parc de la tête d&#8217;or, à Lyon.</p>
<p>Nos animations, l&#8217;arbre à utopie et la visualisation, ont fait bien des émules parmi les promeneurs.</p>
<p><a href="https://picasaweb.google.com/AuMaLuGui/DialoguesHumaniteJuillet2011">Voir toutes les photos.</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2011/07/arbre1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1573" title="arbre1" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2011/07/arbre1.jpg" alt="" width="600" height="318" /></a></p>
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		<title>Notre spectacle-débat &#171;&#160;Inspirer&#8230;&#160;&#187; est lancé !</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 08:53:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[~ Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[La première de notre spectacle-débat &#171;&#160;Inspirer&#8230;&#160;&#187;, la semaine dernière, a été un très bon moment, autant pour nous que pour le public. Nous adressons un grand merci à celles et ceux qui étaient présents. Nous avons eu beaucoup de retours encourageants, des personnes qui ont été surprises, touchées. Bref, tout cela est prometteur pour l&#8217;année qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La première de notre spectacle-débat &laquo;&nbsp;Inspirer&#8230;&nbsp;&raquo;, la semaine dernière,  a été un très bon moment, autant pour nous que pour le public. Nous  adressons un grand merci à celles et ceux qui étaient présents. Nous  avons eu beaucoup  de retours encourageants, des personnes qui ont été surprises,  touchées. Bref, tout cela est prometteur pour l&#8217;année qui s&#8217;annonce. <span id="more-1538"></span></p>
<p>Et la suite ? Nous souhaitons bien-sûr continuer et jouer ce  spectacle-débat devant un maximum de personnes. Et les perspectives sont  pour nous plutôt enthousiasmantes. Citons-en deux : l&#8217;INSA de Lyon  souhaite nous réinviter d&#8217;ici quelques mois ; la ville de  Lyon veut nous produire dans une salle lyonnaise début 2011.</p>
<p>Pour l&#8217;instant, pas de date fixée, mais croyez bien que       vous serez les premiers informés de nos prochaines       représentations.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/12/Dialogue-sur-Terre-Article-du-10-décembre-2010-le-Progrès.jpg"><img class="size-full wp-image-1539 aligncenter" title="Dialogue sur Terre - Article du 10 décembre 2010 - le Progrès" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/12/Dialogue-sur-Terre-Article-du-10-décembre-2010-le-Progrès.jpg" alt="" width="490" height="346" /></a></p>
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		<title>INSPIRER&#8230;, le nouveau spectacle de Dialogue sur Terre</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Nov 2010 22:15:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[~ Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis que nous avons quitté l&#8217;Afrique, nous écrivons et répétons un spectacle – débat sur notre voyage et nos réflexions. Durant ce spectacle, qui allie théâtre, danses et chants, nous faisons revivre les moments forts de notre voyage tout en révélant de manière ludique les résultats de notre étude sur les modes de vie. A [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" style="margin-right: 15px; margin-bottom: 15px;" title="Inspirer" src="http://www.dialoguesurterre.fr/img/index/spectacle_inspirer_7_decembre.gif" alt="Inspirer" width="264" height="374" />Depuis que nous avons quitté l&#8217;Afrique, nous écrivons et répétons un spectacle – débat sur notre voyage et nos réflexions. Durant ce spectacle, qui allie théâtre, danses et chants, nous faisons revivre les moments forts de notre voyage tout en révélant de manière ludique les résultats de notre étude sur les modes de vie. A la fin, nous faisons participer le public grâce à un débat sur des solutions concrètes aux enjeux environnementaux et humains.</p>
<p>Courant novembre, nous allons travailler avec des professionnels du spectacle (mise en scène et lumière). <strong>Notre première se déroulera le mardi 7 décembre à 20h30 à la <a href="http://rotonde.asso.insa-lyon.fr/spip.php?rubrique2" target="_blank">Rotonde</a> de l&#8217;Insa de Lyon,</strong> une salle de 400 places. <strong>Vous êtes cordialement invités, vous pouvez en parler autour de vous !</strong></p>
<p>Si vous connaissez une structure privée ou publique intéressée par un spectacle à la fois pertinent sur le fond et divertissant sur la forme, n&#8217;hésitez pas à nous <a href="http://www.dialoguesurterre.fr/contact.php">contacter</a>. Des dossiers de presses et des affiches au format A3 sont votre disposition.</p>
<p>A très bientôt !</p>
<p>Audrey, Ludovic, Guillaume et Mariette pour Dialogue sur Terre</p>
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		<title>Critique du développement occidental &#8211; Mère Jah et Isis</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Jul 2010 09:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[4 - Bénin]]></category>
		<category><![CDATA[Allons plus loin...]]></category>

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		<description><![CDATA[Article écrit en juin 2010 pour une revue qui a choisi de ne pas le publier. Les quatre jeunes ingénieurs lyonnais de l’association Dialogue sur Terre sont revenus en juillet 2010 d’un périple d’un an en Asie et en Afrique. Passionnés d’écologie et d’humanisme, ils ont vécu avec des habitants de 14 pays dans des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p { margin-bottom: 0.21cm; }a:link { color: rgb(0, 0, 255); } --><span style="color: #000000;">Article écrit en juin 2010 pour une revue qui a choisi de ne pas le publier.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Les q</span><span style="color: #000000;">uatre jeunes ingénieurs lyonnais de l’association Dialogue sur Terre sont revenus en juillet 2010 d’un périple d’un an en Asie et en Afrique. Passionnés d’écologie et d’humanisme, ils ont vécu avec des habitants de 14 pays dans des villages isolés. Le but de leur voyage : valoriser les exemples de savoir-vivre durables qu’ils ont rencontrés afin de s’en inspirer pour changer nos modes de vie. Leurs expériences et réflexions sont disponibles sur leur site Internet (</span><span style="color: #000000;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="../../">www.dialoguesurterre.fr</a></span></span><span style="color: #000000;">).</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><span id="more-1567"></span> Ils nous rapportent un entretien qu’ils ont eu au Bénin. Il s’est déroulé à la ferme </span><span style="color: #000000;"><em>EcoloJAH</em></span><span style="color: #000000;">, en présence de la Mère JAH et d’Isis, deux femmes qui vivent dans la philosophie du mouvement rastafari né dans les années 70. Ce mouvement est fondé sur une des interprétations de la Bible, plaçant la Genèse, la création de l’homme, en Ethiopie. Ses adeptes reconnaissent Haile Selassié, qui fut roi </span><span style="color: #000000;">des rois</span><span style="color: #000000;"> d’Ethiopie au milieu du XXème siècle, comme </span><span style="color: #000000;">Père et Messie</span><span style="color: #000000;">. Leur philosophie prône un retour à la nature &#8211; le « Zion » que chante Bob Marley – et à leurs racines, l’Eden en Afrique.</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">La mère JAH, l’une </span><span style="color: #000000;">des ainées du Peuple de JAH Rastafari francophone est d’origine africaine.</span><span style="color: #000000;"> Elle a une soixantaine d’années, et a vécu plus d’une trentaine d’années à Paris. Là-bas, avec son </span><span style="color: #000000;">époux</span><span style="color: #000000;"> le Père JAH, né en Guadeloupe, elle a pris conscience de ses racines et de son histoire, et à la fin des années 60, ils ont décidé d’organiser leur grand retour en terre africaine. Pour cela, ils se sont<br />
préparés en s’isolant dans une montagne guadeloupéenne, où ils ont passé 7 ans en autarcie  complète. Ils y ont appris à vivre en totale harmonie avec la nature, et mis au monde trois enfants. C’est finalement en </span><span style="color: #000000;">1997 qu’en provenance de la Guadeloupe</span><span style="color: #000000;"> , la famille entière est arrivée au Bénin accompagnée de quelques jeunes volontaires. </span><span style="color: #000000;">L’Etat béninois a attribué à la Famille JAH un terrain à 25 kilomètres de Cotonou près de la ville historique de Ouidah, </span><span style="color: #000000;">qu’ils ont su mettre en valeur. L’endroit situé en bordure d’un lac est idyllique avec ses potagers, ses parterres de fleurs et de plantes aromatiques. Ils y vivent de la culture de la terre, de l’artisanat et de la restauration végétalienne. Ils sont également devenus ambassadeurs de la diaspora africaine, et aident d’autres personnes qui comme eux souhaitent renouer avec leurs racines en terre africaine. Ils ont créé une école pour les enfants déscolarisés qui compte actuellement une centaine d’élèves. Nous avons été touchés par leur mode de vie, si différent de celui que nous avions rencontré au Bénin, et par leur profond respect de l’Etre Humain et la Nature.<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Isis, Française d’origine africaine, a connu les JAH à l’époque de mai 68 autour des mêmes prises de conscience, des mêmes préoccupations. </span><span style="color: #000000;">Pour Isis, « l’ETRE HUMAIN porte en lui tous les moyens, toutes les forces positives nécessaires à son élévation, à son bien être quotidien ». </span><span style="color: #000000;">Après plusieurs années entre la France, la Martinique et l’Afrique, elle a choisi de s’installer au Bénin. </span><span style="color: #000000;">Avec son Association Jeunesse Enfance Développement Environnement (JEDE), elle travaille en partenariat avec la Famille JAH pour informer et sensibiliser la jeunesse africaine et le grand public aux enjeux écologiques actuels.<strong> </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Pourquoi</strong><strong> avez-vous choisi un mode de vie différent du mode de vie africain ?</strong></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">Mère JAH : il n’est pas différent, il est le mode de vie africain originel. Ce que vous voulez dire, c’est que ce mode de vie est devenu marginal, si vous vous appuyez seulement sur le pourcentage d’Africains qui vit à la ville. Mais jusqu&#8217;à présent, la majorité des habitants vit en secteur rural et leur mode de vie n’est pas si éloigné du nôtre. L’Afrique est le berceau de l’humanité, et la manière dont nous vivons se rapproche de celle des premiers hommes, qui vivaient accrochés à la Terre Mère. La différence c’est que nous pouvons en parler : nous ne vivons pas comme ça parce que nous ne pouvons pas faire autrement, mais parce que nous avons choisi. Nous savons que la priorité est l’harmonie avec Dieu, son prochain et la nature. Et au-delà de l’Afrique, cela devient un mode de vie universel : c’est le même que vous êtes allés chercher en Asie dans les traditions orientales et dans les ashrams, un mode de vie équilibré, un mode de vie que Pierre Rabhi en France appelle « sobriété heureuse ».<br />
</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Depuis son indépendance</strong><strong> dans les années 60, l’Afrique va dans le sens inverse, à savoir vers un développement économique. Que pensez-vous du développement africain? </strong></span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">Isis : le mot <em>développement</em> est né après la deuxième guerre mondiale. C’est un certain Truman, président des USA, qui a dit « on va aller développer les gens ». En fait, ils n’ont jamais rien développé. Ils sont venus parce qu’ils avaient besoin de matières premières, c’était intéressé.</span><span style="color: #000000;"> </span><span style="color: #000000;">Et on dit que cela fait 50 ans que l’on développe l’Afrique, à force de millions, de milliards d’euros. Avoir dépensé autant d’argent depuis tout ce temps, et en être encore là, c’est grave !  Cela veut dire ou que les Africains sont des incapables, ou bien qu’il y a quelque chose dans le plan de développement que les Occidentaux ont oubliée : la seule chose sur laquelle ils n’ont pas investi, c’est l’Humain. Alors oui, de temps en temps il y a une grande campagne d’éducation. De temps en temps aussi, on construit des hôpitaux. Mais l’état actuel de l’Afrique montre que ce n’est pas suffisant&#8230; En Europe comme ailleurs, ils ont investi sur l’humain, parce qu’ils savaient qu’à un moment donné il y aurait des retombées. Or ils n’ont pas fait cela dans les pays du Sud. C’était donc un développement voué à l’échec, du génocide masqué. Cinquante ans, ce sont deux générations. S’il y avait vraiment eu développement, l’Afrique aurait pris en main ses propres rennes</span><span style="color: #000000;">. </span><span style="color: #000000;">Il ne peut y avoir de développement qu’avec le développement de l’<em>être</em>.<br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><strong>Vous dites que l’Europe a formé des humains</strong><strong> chez elle. Voulez-vous dire que l’éducation européenne, et d’une manière plus générale le développement européen, sont des modèles ?</strong><br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">MJ : Non. Il y a eu en Europe un développement matériel, fondé sur les savoirs scientifiques. Mais le <em>savoir</em> n’est pas la <em>connaissance</em>. Il y a une différence. On s’est occupé du savoir - il y a maintenant plus de données dans le mental des êtres &#8211; mais on ne s’est pas occupé de leur connaissance, c&#8217;est-à-dire de leur apprendre qui ils sont, pour pouvoir vivre en harmonie avec eux-mêmes et avec leurs prochains. Au lieu d’une dynamique de rencontre, de l’amélioration du soi et de la vie, c’est la compétitivité qui règne : il faut faire plus, toujours plus. Résultat : on se rend compte que les taux de suicide les plus élevés sont dans des pays </span><span style="color: #000000;">considérés comme des</span><span style="color: #000000;"> <em>merveille de développement</em> ! Ce modèle de « développement » ne tourne que s’il exclut une partie de la population… alors que Dieu a donné assez pour tous ! Nous pouvons tous être nourris par la Terre, nous ne sommes pas trop nombreux. C’est parce qu’il y a une démesure dans les consommations d’eau des habitants de Californie qu’il y a aujourd’hui pénurie dans cette région. Il reste à inventer le développement harmonieux. Les pays européens ont suivi leur logique, mais leur grande erreur est de s’être imposés comme étant LE modèle unique, et de ne pas avoir vu que l’Autre a une partie de la connaissance. Ce sont eux qui décident de ce qui est bien ou non, de ce qui est civilisé ou pas. Le Nord s’est déclaré propriétaire de toute la Terre. Il l’a fait aussi physiquement, puisqu’il a été envahir l’Afrique et créer des systèmes </span><span style="color: #000000;">d’oppression et d’aliénation.</span><span style="color: #000000;"> Alors, si les Français trouvent que leur pays est un modèle, tant mieux, si cela leur permet de mieux vivre, mais ce n’est pas notre choix de développement. Notre choix est avant tout écologique. Le modèle proposé par le Nord met toute la planète en péril. Cela fait seulement 500 ans qu’il a pris le dessus, alors que des civilisations ont perduré jusqu’à 10 000 ans sans mettre la planète en danger.<br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">Isis : Je rentre de Paris, et je dis que TROP c’est TROP ! L’Europe est aujourd’hui dans une situation sociale extrêmement grave. Et malgré cette misère qui est là, qui crève les yeux, on continue à faire toujours plus, encore plus. « Consomme plus, va plus vite, achète plus ! »… L’Occidental nie le mot <em>être</em>, il n’est que dans <em>l’avoir</em>. « Je me goinfre de tout et de n’importe quoi, mais je me goinfre ». La démarche a démarré avec la société industrielle : un développement excessif de biens matériels. Tout cela était d’une violence extrême pour la Terre Mère. Il est important aujourd’hui de freiner cet engouement de consommation à outrance. « Tout, je veux Tout ! » Cette société a fait les choses de telle manière qu’elle a coupé l’humain de sa divinité. Elle lui a dit : « Tu n’es pas un être humain, tu es un individu de consommation. Je vais tout faire pour que tu oublies qui tu es,  pour que tu oublies le temple divin qui se trouve au plus profond de ton cœur et que tu sois simplement dans la démarche de consommation ». Et qui est heureux ? Les Occidentaux ne sont pas heureux. Les Occidentaux sont des <em>esclaves</em>. Le métro boulot dodo, c’est de l’esclavage. Ce modèle-là est un modèle <em>obsolète</em>. Le colosse n’a que des pieds d’argile et il est en train de s’effondrer, et ça l’Occident devrait le comprendre ! Non seulement pour l’Occident mais pour l’ensemble de la planète.<br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">MJ : Il faut arrêter de consommer plus que ce qu’on produit. Il faut produire, consommer un peu de ce qu’on produit et en laisser un peu pour que les autres puissent en profiter. Dans une récolte il y a toujours plusieurs dîmes, il y a la glane que l’on doit laisser aux nécessiteux et une part qu’on doit laisser pour réinvestir, pour replanter. On ne peut pas tout consommer. Décroissance, </span><span style="color: #000000;">simplicité volontaire </span><span style="color: #000000;">ou sobriété heureuse, c’est savoir se satisfaire de ce que l’on a, de l’essentiel de ce que l’on a, et ne pas désirer ce que l’on peut s’accaparer chez les autres. Or aujourd’hui, on consomme plus que ce qu’on produit. Le Nord s’accapare des marchés entiers de toutes sortes de produits sur la planète, il met ça chez lui et ça pourrit car il en a pris trop. Il n’arrive même pas à le consommer, c’est grave !<br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"><strong>Comment voyez-vous l’avenir ? </strong><strong>Avez-vous un message pour les générations futures d’Europe, d’Afrique, et pour l’humanité toute entière ?</strong><br />
</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;">Mère JAH : Je suis sûre de la victoire du Bien. Son impériale majesté Haile Selassié, notre père spirituel, disait qu’il est sûr de la victoire du Bien sur le Mal, de la lumière sur les ténèbres, de la vérité sur le mensonge. « Yes we can », oui, nous pouvons. Nous avons Dieu en nous, réveillons-le, réactivons-le et nous allons faire de cette humanité la merveille, le paradis qu’elle est en fait. « Get up, stand up ». Levons-nous pour nos droits, et notre droit est d’abord d’être heureux.<br />
</span></p>
<p lang="en-US"><span style="color: #000000;">Isis : Moi je voudrais parler aux générations <em>conscientes</em> présentes. </span><span style="color: #000000;">C’est de ce noyau conscient que dépend demain. </span><span style="color: #000000;">Réellement, ce que je demande aux générations actuelles pour les générations à venir et pour l’émergence d’un nouveau monde, c’est de magnifier ce divin qui vit au cœur même de chacun d’entre nous </span><span style="color: #000000;">et </span><span style="color: #000000;">qui est une véritable force, un véritable tremplin</span><span style="color: #000000;">. Cette prise de conscience individuelle et collective est primordiale. Bien sûr, et heureusement, il y a une partie de la population qui est en conscience, qui a déjà fait un ou 10 pas en </span><span style="color: #000000;">avant</span><span style="color: #000000;">. Des gens qui cherchent des solutions réelles de changement. Mais le reste de la population doit se lever et remettre en cause le système que l’Occident a mis en place.</span></p>
<p lang="fr-FR"><span style="color: #000000;"> </span></p>
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		<title>Solidarité en voie de disparition</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jul 2010 17:00:38 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[IV - Afrique]]></category>

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		<description><![CDATA[Lyon, le 8 juillet 2010 &#8211; Mariette. Nos dernières aventures sur le continent africain nous ont amenés à réfléchir sur les changements qui s&#8217;opèrent dans les sociétés africaines, et sur le rôle des relations Nord/Sud dans ces évolutions. Je m&#8217;excuse d&#8217;avance pour cet article un peu long, mais que je vous encourage à lire jusqu&#8217;au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Lyon, le 8 juillet 2010 &#8211; Mariette.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nos dernières aventures sur le continent africain nous ont amenés à réfléchir sur les changements qui s&#8217;opèrent dans les sociétés africaines, et sur le rôle des relations Nord/Sud dans ces évolutions. Je m&#8217;excuse d&#8217;avance pour cet article un peu long, mais que je vous encourage à lire jusqu&#8217;au bout !</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1521"></span>A Dakar, Bamako, Ouagadougou ou Cotonou, le Blanc qui s&#8217;aventure dans le centre ville s&#8217;expose à la foule des vendeurs de pacotilles qui le remarquent très vite et l&#8217;interpellent : « Eh, <em>Toubab</em> (= Blanc) ! Tu me reconnais ? Viens voir mon stand ! » Bien sûr, si l&#8217;on y répond poliment, que l&#8217;on prend le temps de discuter un peu avec la personne, de plaisanter, tout se passe bien. Mais les interpellations de ce type pleuvent en permanence, et 100% des personnes qui nous abordent le font pour nous vendre quelque chose. Il semble impossible de trouver quelqu&#8217;un dans la rue qui accepte de discuter avec nous simplement, de manière désintéressée. « Eh, pourquoi tu ne dis pas bonjour ? Allez, quoi, achète-moi une statuette seulement Il faut encourager ! Toi tu as l&#8217;argent et tu ne donnes pas ! »&#8230; Le dialogue semble bloqué à l&#8217;avance par des préjugés, et même l&#8217;attente d&#8217;une charité de notre part qui leur semblerait normale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici, la solidarité est culturelle. Elle était l&#8217;un des piliers des sociétés traditionnelles africaines, qui permettait la survie des communautés paysannes dans un contexte géographique et climatique parfois difficile. En Casamance, on nous a raconté qu&#8217;avant, une famille qui n&#8217;avait plus de riz en réserve pouvait déposer un panier la nuit devant la porte d&#8217;une autre famille. Si celle-ci le pouvait, elle remplissait le panier qui était récupéré dans l&#8217;anonymat la nuit suivante. Des exemples de pratiques similaires existent partout en Afrique de l&#8217;Ouest. Les gens savaient qu&#8217;ils pouvaient toujours compter sur leur famille ou leurs voisins en cas de coup dur, à condition bien sûr que ceux-ci aient les moyens de les aider. Et cela participait à un climat social sain et équilibré.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais à l&#8217;heure actuelle, cette solidarité semble de plus en plus biaisée, même au sein des familles, par les disparités de situations sociales qui se sont créées. La solidarité est devenue systématique, sans doute parce que de plus en plus de personnes sont dans le besoin. Le peuple entier semble tiré vers la misère, et peu de gens réussissent à sortir du lot. Du coup, la charité n&#8217;est plus reçue comme un cadeau venant du cœur mais comme un dû. Et il y a une vraie pression sociale autour de ça. Il est très mal vu d&#8217;avoir de l&#8217;argent sans le partager. Dans certains milieux, cela crée une ambiance malsaine. Il y a ceux qui en soupçonnent d&#8217;autres d&#8217;avoir plus de richesses que ce qu&#8217;ils n&#8217;affichent, ceux qui ne se prennent pas en main et qui attendent qu&#8217;on les aide, ceux qui se cachent d&#8217;avoir gagné de l&#8217;argent, ceux qui sont jaloux et envieux et trouvent un prétexte pour demander la charité à un proche&#8230; Le climat relationnel est parfois lourd.<ins datetime="2010-07-05T10:32" cite="mailto:AUMALUGUI"> </ins></p>
<p style="text-align: justify;">Donc les mentalités changent. La « solidarité familiale » devient un boulet pour des jeunes qui aimeraient évoluer. A Porto Novo (Bénin), Ginette nous raconte qu&#8217;elle a vécu dans la concession familiale de son mari au début de leur union. Mais sa belle-famille était envieuse de leurs situations respectives de secrétaire et de gendarme, qui leur assurent deux bons salaires. « La belle-famille nous demandait souvent de l&#8217;argent et il fallait toujours donner mais alors ce n&#8217;était plus possible pour nous d&#8217;économiser. Finalement nous avons préféré prendre un appartement tous les deux, et nous sommes plus tranquilles. Même si nous continuons à leur faire des cadeaux de temps en temps. » Autre exemple, Andrea est gérante d&#8217;un hôtel dans la même ville. Ayant une bonne situation, elle est régulièrement sollicitée par ses proches. « La semaine dernière encore, un neveu m&#8217;a appelée pour me demander de l&#8217;argent. Il dit que c&#8217;est pour créer un restaurant de rue. Mais je le connais, ce n&#8217;est pas la première fois. C&#8217;est un prétexte, il n&#8217;a pas de vrai projet qui lui tienne à cœur. » Et dans ce cas, si elle refuse l&#8217;argent à son neveu, sa famille va le lui reprocher.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement pour nous, nous avions réussi jusque là à trouver des villages encore assez traditionnels pour ne pas être trop confrontés à ce genre de comportements. A Nounou (Mali) ou à Manogo (Burkina Faso) par exemple, même si des jeunes partent effectivement à la ville pour ramener de l&#8217;argent à leurs familles qui en ont besoin, nous avons ressenti un climat social assez sain. Les habitants restés au village se prenaient en charge de leur côté pour mettre en place des actions de développement du village, dans l&#8217;optique d&#8217;assurer un avenir pour leurs jeunes à la campagne. Et nous avions aussi rencontré des jeunes qui avaient eu des expériences en ville mais avaient réellement choisi un retour au village et à la famille.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais notre dernière expérience béninoise a été d&#8217;un autre ordre. Nous avons passé une petite semaine dans un village de pêcheurs au bord de l&#8217;océan. Je m&#8217;y suis sentie mal à l&#8217;aise. Chaque fois que je me suis retrouvée seule avec un enfant, il me demandait avec un grand sourire et un regard plein d&#8217;espoir : « Yovo (= blanc), un cadeau ? ». Ce sont à peu près les seuls mots de français que parlaient la plupart des gens du village. Le premier jour chez notre hôte Hippolyte, nous avons reçu la visite de 3 ou 4 villageois qui avaient arrêté leur pêche pour venir saluer les blancs qui étaient arrivés au village. Nous ne comprenions pas les conversations mais nous avons senti un malaise entre eux et Hippolyte. Tom, notre traducteur et ami, nous expliquera plus tard qu&#8217;ils étaient venus pour se faire payer à boire, et parce qu&#8217;ils pensaient pouvoir extirper quelques Francs CFA à ces étrangers. Et c&#8217;était presque systématique : nos rencontres avec les villageois étaient faussées par une attente de charité. Tom lui-même, bien qu&#8217;originaire du village, était l&#8217;objet de sollicitations, car « tout étranger au village a forcément une bonne situation et de l&#8217;argent à donner ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier jour, nous avons effectivement donné de l&#8217;argent à nos familles d&#8217;accueil pour nous avoir nourris et logés, et parce que nous avions apprécié les échanges avec eux. A ce moment-là, il y avait dans la concession une cousine venue en visite depuis la Côte d&#8217;Ivoire avec ses 2 enfants, et un vieil homme du village, un voisin. A la vue de l&#8217;argent, la cousine (dont la situation était pourtant loin d&#8217;être misérable, a priori) a écarquillé les yeux et est venue vers nous en tendant la main : « Et moi ? Et pour moi ? » Le vieil homme a fait de même&#8230; Je n&#8217;en croyais pas mes yeux. Jusqu&#8217;à présent dans les villages africains, les Vieux que nous avons rencontrés étaient les sages, les chefs de concession, les décideurs ; leur attitude imposait le respect. Là, j&#8217;étais choquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelqu&#8217;un du village nous avait expliqué que dans la mentalité des gens d&#8217;ici, « après Dieu il y a les Blancs » ; que les Blancs sont des êtres supérieurs aux Noirs, et qu&#8217;ils ont l&#8217;argent, le savoir, les compétences. Autant dire que sans eux, rien n&#8217;est possible Il n&#8217;y a pas besoin de se creuser trop la tête pour comprendre d&#8217;où vient un tel complexe d&#8217;infériorité entaché de racisme. Quatre siècles de traite des Noirs. Un siècle de colonisation. Un demi-siècle de &laquo;&nbsp;développement&nbsp;&raquo;. Depuis ses premiers contacts avec l&#8217;Europe, l&#8217;Afrique a toujours été dominée par les Blancs, et exploitée pour ses ressources : de la main d&#8217;œuvre gratuite, de l&#8217;ivoire, du coton, du sucre, du café, des fruits, des pierres précieuses, du pétrole, du gaz</p>
<p style="text-align: justify;">Isis, une Française d&#8217;origine africaine qui a décidé de venir s&#8217;installer sur ce continent, nous explique que le développement de l&#8217;Afrique n&#8217;a été qu&#8217;un prétexte pour les Occidentaux pour continuer à consommer les ressources du continent, sous couvert de solidarité internationale. « Avoir dépensé tant de milliards de dollars depuis 50 ans pour développer l&#8217;Afrique, et en être encore là, c&#8217;est grave ! S&#8217;il y avait vraiment eu développement, depuis 50 ans, l&#8217;Afrique aurait pris en main ses propres rennes. Ce qu&#8217;ils ont &laquo;&nbsp;oublié&nbsp;&raquo; dans leur plan de développement, c&#8217;est l&#8217;humain ! » Les Occidentaux ont fait croire qu&#8217;ils pouvaient aider les Africains à vivre mieux, à se développer, et surtout que l&#8217;Afrique avait besoin d&#8217;eux pour ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant dans les années 1980, la politique de Thomas Sankara au Burkina Faso avait démontré que le pays pouvait s&#8217;en sortir seul, et beaucoup mieux qu&#8217;avec un &laquo;&nbsp;soutien&nbsp;&raquo; occidental. Il a choisi de couper les ponts avec la France, refusant une aide au développement pour rester libre des choix politiques et économiques pour son pays (car l&#8217;aide dans les sphères politiques n&#8217;est jamais désintéressée ni gratuite). Il a mené une politique de lutte contre la corruption, il a développé l&#8217;éducation et la santé en construisant beaucoup d&#8217;écoles et d&#8217;hôpitaux, il a permis aux paysans de retrouver une autonomie alimentaire, il a réhabilité le rôle des femmes dans la société En 4 ans de sevrage d&#8217;avec la France, il a remis le pays dans la voie d&#8217;un réel développement humain. Au bout de 4 ans, devinez quoi, il a été assassiné. Et malheureusement les exemples de ce type ne manquent pas en Afrique, des gouvernements corrompus soutenus voire mis en place par la France ou autres pays &laquo;&nbsp;développés&nbsp;&raquo;, au détriment de candidats politiques qui se sentent réellement concernés par l&#8217;évolution de leur pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Force est de constater à l&#8217;heure actuelle que le bilan du &laquo;&nbsp;développement&nbsp;&raquo; de l&#8217;Afrique est pitoyable. Les taux de scolarisation et l&#8217;espérance de vie sont restés ridiculement faibles, la mortalité infantile élevée. Les gouvernements sont corrompus, à tel point que personne ne l&#8217;ignore, et que la corruption gagne même tous les niveaux de la société. Elle se banalise. Les inégalités se sont considérablement accrues, et il y a maintenant un fossé culturel entre les Africains les plus riches et ceux qui vivent encore dans des villages en autarcie partielle. L&#8217;Afrique exporte des tonnes de marchandises alimentaires en Europe, dont une bonne partie ne sera même pas consommée (nous gaspillons 30% de la nourriture que nous achetons !), alors que les taux de malnutrition des enfants africains sont toujours élevés. L&#8217;Afrique est l&#8217;un des gros producteurs de café de la planète, et pourtant les Africains ne boivent que du Nescafé soluble importé d&#8217;Europe L&#8217;Afrique n&#8217;a pas d&#8217;industrie automobile, mais elle en récupère tous les déchets car nous lui envoyons gentiment nos vieilles voitures polluantes en &laquo;&nbsp;recyclage&nbsp;&raquo;. J&#8217;ai plusieurs fois entendu dire : « Là-bas, ils sont débrouillards, ils vont continuer à les réparer et à les utiliser, ils n&#8217;ont pas besoin de voitures neuves, tu parles » Et on se débarrasse de nos poubelles la conscience tranquille.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors bien sûr, on ne peut pas nier qu&#8217;il y a des flux d&#8217;argent de la France vers l&#8217;Afrique pour panser les plaies et aider les populations. Mais sont-ils réellement efficaces ? L&#8217;aide internationale ? «  Tant qu&#8217;elle doit passer par les gouvernements africains, et qu&#8217;elle ne finance pas directement des projets sur le terrain, le peuple n&#8217;en verra pas la couleur », nous dit Eunice, une Franco-Béninoise qui a eu à travailler avec certaines ONG internationales. Car tout le monde sait (y compris la communauté internationale) que la corruption règne au sein des gouvernements locaux. L&#8217;aide des grosses ONG ? « Quand on voit les bâtiments qu&#8217;ils se paient dans les capitales, les parcs automobiles de ceux qui y travaillent et leurs salaires exorbitants au regard du niveau de vie, on se demande quel pourcentage des dons, que les Français leur font, est réellement utilisé pour les actions sur le terrain ! », toujours Eunice. Tom, Béninois créateur du Centre Culturel Africain de Cotonou, nous parle de certains projets d&#8217;aménagement menés par des étrangers, qui sont des aberrations par rapport au contexte et à la culture locale. Il cite par exemple le cas d&#8217;une maternité qui a été construite dans un village à côté du cimetière. « Quand on sait ce que représente la mort pour les gens d&#8217;ici, qui croient aux esprits des défunts, c&#8217;est complètement ridicule ! Jamais une femme béninoise n&#8217;osera donner la vie à côté des morts ! »</p>
<p style="text-align: justify;">Le pire là dedans, au-delà des gaspillages d&#8217;argent et d&#8217;énergie, c&#8217;est qu&#8217;on « donne du poisson aux gens sans leur apprendre à pêcher », nous dit Tom, ce qui maintient les Africains dans ce complexe d&#8217;infériorité : c<em>e sont les Blancs qui construisent les écoles et les maternités, nous n&#8217;en sommes pas capables.</em> Donc le peuple attend, désespéré de sa situation misérable, en tendant la main vers l&#8217;Europe, sans se rendre compte que cette attitude elle-même contribue à maintenir le continent dans un état de dépendance destructeur pour les populations. Et c&#8217;est contre cet état d&#8217;esprit que se bat Tom, à travers ses expositions sur les inventeurs africains : il veut montrer à son peuple qu&#8217;il a de la valeur, qu&#8217;il est capable lui aussi d&#8217;être créatif, de réfléchir, de réussir. « Ce n&#8217;est pas contre les Blancs que je fais ça, c&#8217;est pour les Noirs, pour leur redonner l&#8217;envie d&#8217;agir et de construire l&#8217;Afrique qu&#8217;ils souhaitent. »</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai honte J&#8217;ai honte de ce qu&#8217;ont fait mes ancêtres pendant des siècles. J&#8217;ai honte de nos hommes politiques qui n&#8217;ont aucun scrupule à détruire une partie de l&#8217;humanité. J&#8217;ai honte du peuple français, dont je fais bien sûr partie, qui continue aveuglément à consommer des produits importés, maintenant ainsi la nécessité d&#8217;un commerce international injuste et complètement irrationnel. J&#8217;ai honte de ce peuple qui perd une grosse partie de son temps à « se goinfrer » comme le dit Isis, et qui fuit ses responsabilités vis-à-vis des populations en développement, feignant d&#8217;ignorer l&#8217;énorme impact que nous avons sur elles : épuisement de leurs ressources, dépendance vis-à-vis de nous, dévalorisation de leurs valeurs traditionnelles, perte de leur identité culturelle, dégradations de leur environnement, dérèglement climatique&#8230; Combien de fois depuis que nous sommes rentrés, ai-je entendu : « Ah, on est mal barrés, avec tout ce qui se passe en ce moment Moi ? Que je change mes comportements ? Mais qu&#8217;est-ce que ça va changer, si je suis le seul à le faire ? » J&#8217;ai honte de ces discours qui nous disent qu&#8217;il faut réduire nos consommations d&#8217;énergie parce qu&#8217;on va bientôt manquer de pétrole, c&#8217;est-à-dire parce qu&#8217;on n&#8217;a pas le choix Est-ce vraiment l&#8217;argument le plus convaincant pour un consommateur français ? Est-on devenus à ce point inhumains pour ne pas considérer d&#8217;abord les conséquences humaines dramatiques d&#8217;un tel gaspillage de ressources énergétiques ou alimentaires ? N&#8217;est-on pas prêts à CHOISIR un monde plus juste ? Ce choix on peut le faire tous les jours ! Que le &laquo;&nbsp;système&nbsp;&raquo; nous impose certaines contraintes, nous influence, nous manipule, n&#8217;est certes pas faux. Mais NOUS sommes les consommateurs, la base qui fait fonctionner tout ce &laquo;&nbsp;système&nbsp;&raquo; ; nous seuls décidons de ce que nous achetons. Donc prenons nos responsabilités. Restons conscients et dignes, faisons les choix qui nous paraissent cohérents avec nos idéaux !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons une dette envers l&#8217;Afrique, une dette humaine et écologique, et pourtant on n&#8217;entend parler que de la dette financière qu&#8217;elle a contractée envers l&#8217;Occident. Que devons-nous faire pour régler cette dette ? Est-il seulement possible de s&#8217;en acquitter ? Le problème est complexe. Faut-il cesser nos échanges avec le continent africain ? Faut-il développer plus de projets humanitaires ? Quelles seraient les conséquences de ces choix ? Je n&#8217;ai pas toutes les clés pour répondre et ne peux que donner mon avis personnel. A l&#8217;échelle individuelle, il me semble sage avant tout d&#8217;adopter la sobriété dans nos comportements puisque nous avons des ressources à partager avec le reste de l&#8217;humanité. Pendant cette année de voyage on nous a offert l&#8217;hospitalité avant même de nous connaître ; on nous a offert à manger sans rien demander en retour ; le partage était naturel, sincère. Pourquoi devrions-nous oublier cette règle simple d&#8217;humanité lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un partage à l&#8217;échelle planétaire ? En ce qui concerne les projets d&#8217;aide aux populations, comme on l&#8217;a évoqué plus haut, tous ne sont pas efficaces, beaucoup sont même destructeurs. Car il n&#8217;est pas facile d&#8217;aider quelqu&#8217;un ; cela demande de comprendre les vrais besoins de la personne, donc d&#8217;être à son écoute, et de lui donner les moyens de résoudre ses problèmes (ce n&#8217;est pas l&#8217;aider que de les résoudre à sa place, il vaut mieux lui « apprendre à pêcher » que de lui « donner du poisson »). Les projets d&#8217;aide qui fonctionnent sont donc ceux qui se construisent sur des relations humaines saines, et qui sont pris en main par des locaux. Nous en avons vu deux bons exemples, à Kabadio au Sénégal et à Gomponsom au Burkina Faso, où des Français ont noué de vraies relations d&#8217;amitié avec les villageois. C&#8217;est ce genre d&#8217;actions qui, de mon point de vue, permet de tirer les hommes vers le haut (et pas seulement les Africains). Plus que jamais, je crois au dialogue, qui permet aux humains de s&#8217;enrichir mutuellement.</p>
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		<title>L&#8217;aventure continue</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 11:45:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[~ Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Dialogue sur Terre, le 2 juillet 2010 Après avoir voyagé près de un an, nous voilà tout juste de retour à Lyon. Nous avons parcouru tranquillement nos derniers kilomètres en autostop depuis Amsterdam, où notre cargo a débarqué le 26 juin. Le projet Dialogue sur Terre continue de plus belle :  une conférence spectacle que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><img class="alignleft size-full wp-image-1507" style="margin-left: 15px; margin-right: 15px;" title="logo_mono" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/07/logo_mono.gif" alt="logo_mono" width="164" height="144" />Dialogue sur Terre, le 2 juillet 2010</em></p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir <a href="http://maps.google.fr/maps/ms?hl=fr&amp;ie=UTF8&amp;msa=0&amp;msid=110976257193761972288.0004703f079d543c9e903&amp;ll=44.590467,67.148438&amp;spn=54.107504,158.027344&amp;z=3">voyagé</a> près de un an, nous voilà tout juste de retour à Lyon. Nous avons parcouru tranquillement nos derniers kilomètres en autostop depuis Amsterdam, où notre cargo a débarqué le 26 juin.<span id="more-1504"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le projet Dialogue sur Terre continue de plus belle :  une conférence spectacle que nous préparons cet été et qui devrait être prête pour la rentrée et l&#8217;écriture d&#8217;un livre sur notre expérience et nos réflexions.</p>
<p style="text-align: justify;">Retrouvez <a href="http://www.dialoguesurterre.fr/archives/newsletter_10.php">ici</a> le texte de la dernière lettre d&#8217;information où nous décrivons la fin de notre voyage, au Bénin et sur le bateau.</p>
<p style="text-align: justify;">A bientôt !</p>
<p style="text-align: justify;">Mariette, Audrey, Guillaume et Ludo</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-large wp-image-1509" title="mosaïque newsletter" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/07/mosaïque-newsletter1-1023x683.jpg" alt="mosaïque newsletter" width="644" height="430" /></p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>Mon bilan de voyage</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 06:27:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Allons plus loin...]]></category>
		<category><![CDATA[III - Bateau]]></category>

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		<description><![CDATA[Audrey &#8211; Le 23 juin 2010 &#8211; sur le bateau au large du Maroc J&#8217;imagine déjà la question que l&#8217;on va nous poser à notre retour en France : « Mais alors, qu&#8217;avez-vous retenu de ce voyage ? Quel est votre bilan ? ». La réponse peut s&#8217;orienter vers les conclusions du projet Dialogue sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em><a title="Kabadio (199).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Kabadio__199_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: left; width: 178px; margin-right: 10px; height: 122px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_015n5d2a857f_tn.jpg" border="0" alt="Kabadio (199).JPG" width="250" height="166" /></a></em></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Audrey &#8211; Le 23 juin 2010 &#8211; sur le bateau au large du Maroc</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">J&#8217;imagine déjà la question que l&#8217;on va nous poser à notre retour en France : « Mais alors, qu&#8217;avez-vous retenu de ce voyage ? Quel est votre bilan ? ». La réponse peut s&#8217;orienter vers les conclusions du projet Dialogue sur Terre, des réflexions pour changer notre mode de vie, mais ceci nous le développerons dans les conférences et le livre que nous allons écrire. J&#8217;ai fait ici l&#8217;exercice d&#8217;un bilan personnel.</p>
<p><span id="more-1501"></span></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Mon premier constat concerne le voyage dans sa globalité. Contrairement à ce que certains disaient, le trajet que nous avons fait a été quasi identique au prévisionnel. Nous avions préparé notre voyage à l&#8217;avance, organisant notre arrivée dans les villages et laissant, à priori, peu de place à l&#8217;improvisation. Mais en analysant plus en détail, j&#8217;ai été surprise de constater la quantité de petits imprévus : les problèmes avec la police chinoise et vietnamienne chamboulant ou écourtant notre séjour, les enlèvements de touristes en Mauritanie rendant ce pays peu sûr à quelques mois de notre arrivée, un deuxième bateau qui change de port au dernier moment et tarde à partir Sans oublier les modifications ou improvisations de plans pour les villages de Sibérie, Mongolie, Laos, Tibet, Inde et Mali. Bref, finalement, si le voyage s&#8217;est bien passé, c&#8217;est que l&#8217;imprévu étaitprévu, autrement dit nous nous étions préparés psychologiquement à ces aléas. Nous les avons abordés avec sourire et avons décidé d&#8217;en tirer le meilleur pour mieux rebondir. Malgré notre planning, nous avons su laisser une part de ce voyage aux rencontres inattendues, à nos envies, aux opportunités qui se créaient. C&#8217;est cette liberté, cette souplesse qui fait pour moi la différence entre un touriste et un voyageur.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Mon deuxième constat se porte sur les expériences. Certains avaient dit « en 10 jours dans un village, vous n&#8217;avez pu vivre que des expériences superficielles ! ». C&#8217;était également une de mes craintes, mais à posteriori, ce n&#8217;est pas mon point de vue. J&#8217;ai la sensation d&#8217;avoir vécu un bouquet de riches expériences où chaque paysage, chaque rencontre, chaque moment d&#8217;émotion sont autant de fleurs et me font grandir. J&#8217;ai voulu me pencher sur ces expériences et plus précisément sur les rencontres. En dressant la liste des personnes qui m&#8217;ont touchées, je me suis très vite aperçue, à quelques exceptions près, qu&#8217;il n&#8217;y avait que des femmes. J&#8217;ai eu la sensation que mon attitude, mes réactions et même mon âge variaient dans ma relation avec ces femmes. Je veux vous parler de celles qui m&#8217;ont marquée on les classant selon mon point de vue :</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>- Je suis la petite-fille</strong></p>
<p><a title="Manogo (191).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Manogo__191_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: left; width: 204px; margin-right: 10px; height: 140px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_010p3ebce7b2_tn.jpg" border="0" alt="Manogo (191).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Toutes les grand-mères que j&#8217;ai rencontrées m&#8217;ont étonnée par leur beauté. Chaque ride, chaque pli est comme une histoire : regarder le visage d&#8217;une grand-mère, c&#8217;est comme contempler un manuscrit codé dont elle seule peut vous donner les secrets. Quand je pense à tout ce qui existe pour paraître jeune (crèmes, fond de teint, lifting) alors que cette peau plissée, craquelée, tombante, donne au regard une douceur apaisante. Ces grand-mères m&#8217;ont décomplexée de la peur de vieillir.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>- Je suis la copine</strong></p>
<p><a title="XiaoChao (267).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/XiaoChao__267_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: right; margin-left: 10px; width: 176px; height: 114px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_008n28d352ef_tn.jpg" border="0" alt="XiaoChao (267).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">A Xiao Chao, au nord de la Chine, j&#8217;ai beaucoup joué. Colin-maillard, Mah Jong, Papier-caillou-ciseau, etc. Avec Eli et sa mère Mai, nous avons surtout partagé des parties de cartes endiablées, nous gardant éveillés une partie de la nuit et nous plongeant dans un univers où les différences de culture et la barrière de la langue n&#8217;existent plus.<br />
Dans le village de Kabadio, au Sénégal, j&#8217;ai abordé le thème de l&#8217;excision avec 4 jeunes filles de 12 à 16 ans. Leur récit, raconté comme un secret (les garçons n&#8217;ont pas le droit d&#8217;entendre) avec un ton oscillant entre la consternation d&#8217;une telle pratique et la joie d&#8217;intéresser une Blanche, m&#8217;a totalement bouleversée. Je garderai en mémoire l&#8217;image de ces demoiselles liées par un terrible passé sans savoir les causes de cette torture, ni les conséquences de cette mutilation sur leur intimité.</p>
<p><a title="Nounou (223).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Nounou__223_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: left; width: 97px; margin-right: 10px; height: 139px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_011p1b319292_tn.jpg" border="0" alt="Nounou (223).JPG" width="183" height="250" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">A Nounou, au Mali, j&#8217;ai sympathisé avec Fatou, une jeune adolescente. Côte à côte dans le cercle de danse, je lui ai fait comprendre que je comptais sur elle pour me montrer le bon moment pour me lancer, pour me montrer les bons pas, pour m&#8217;intégrer peu à peu au groupe. Bien que très timide, j&#8217;ai vu dans ces yeux qu&#8217;elle relevait ce défi. Notre complicité silencieuse s&#8217;est poursuivie tout au long de notre séjour autour d&#8217;une lessive, d&#8217;un tatouage de mes pieds au henné et d&#8217;un départ larmoyant.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p><a title="Kabadio_BonEsprit (61).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Kabadio_BonEsprit__61_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: right; margin-left: 10px; width: 199px; height: 132px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_007n732aec82_tn.jpg" border="0" alt="Kabadio_BonEsprit (61).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">A Kabadio, une jeune femme a attiré mon attention aussi bien par ses attitudes que sa vivacité d&#8217;esprit. Anti, à peine âgée de 22 ans, arborant un corps mince et élancé, avait une lueur dans le regard qui en disait long sur son intelligence. L&#8217;air désinvolte, elle avait ce petit coté rebelle qui attire plus qu&#8217;il ne repousse, mais surtout elle possédait une énergie extraordinaire qui se matérialisait sous nos yeux dès qu&#8217;elle se mettait à danser. Contrairement aux jeunes de son âge, elle ne parlait pas français, ayant écourté trop tôt sa scolarité. Pourtant, par nos regards qui montraient un profond respect mutuel et par la danse qui mettait en mouvement nos deux corps synchronisés sur les mêmes rythmes, j&#8217;ai vécu cette relation d&#8217;amitié de manière très intense.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>- Je suis la fille</strong></p>
<p><a title="NAMBONETAI (151).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/NAMBONETAI__151_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: left; width: 178px; margin-right: 10px; height: 124px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_012n35571284_tn.jpg" border="0" alt="NAMBONETAI (151).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">J&#8217;ai été frappée par la douceur de La, jeune grand-mère de Nambonetaï au Laos. Quand je la rejoignais près du foyer de la cuisine, elle avait la magie de me mettre à l&#8217;aise d&#8217;un simple regard, m&#8217;accueillant, m&#8217;invitant à l&#8217;aider ou seulement à la regarder. Elle avait presque toujours sur ces lèvres, un sourire radieux qui en dit long sur sa philosophie : prendre le meilleur de la vie.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p><a title="Nounou (246).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Nounou__246_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: right; margin-left: 10px; width: 212px; height: 142px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_006n3b2a888d_tn.jpg" border="0" alt="Nounou (246).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Le jour de notre départ de Nounou, je suis allée remettre quelques cadeaux aux personnes qui m&#8217;avaient marquée. A Aïsso, j&#8217;ai donné un pagne, un simple bout de tissu que les africaines se nouent autour de la taille. Un cadeau dérisoire face à l&#8217;attention que notre hôtesse avait porté sur la préparation de nos plats et à l&#8217;estime que j&#8217;avais de cette quinquagénaire qui accomplit chaque jour les innombrables tâches quotidiennes d&#8217;une africaine (chercher l&#8217;eau, du bois, piler le mil). Quand elle a reçu mon maigre présent, ses yeux se sont embués. Trop émue, elle s&#8217;est retirée pour me cacher sa fragilité. Je suis restée là, moi-même au bord des larmes, surprise par l&#8217;effet de ce simple morceau de tissu.</p>
<p><a title="Santar (215).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Santar__215_.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: left; width: 211px; margin-right: 10px; height: 141px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_013n66f89b37_tn.jpg" border="0" alt="Santar (215).JPG" width="250" height="166" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">A Santar, petit village népalais perdu dans l&#8217;Himalaya, Manamaya élève ses 3 enfants. Son mari, Bilbol passe 6 mois par an à Katmandou pour guider les touristes occidentaux dans les montagnes. Elle assure seule la totalité des tâches ménagères ainsi qu&#8217;une grande partie des activités agricoles. Comme souvent, les regards, plus que les mots, nous ont permis de communiquer au jour le jour. Un matin, alors que notre traducteur prenait le petit déjeuner avec nous, elle a pu me dire ceci : « Toutes les femmes du monde sont les mêmes. Nous nous comprenons ».</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>- Je suis la disciple</strong></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><a title="Jah.JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Jah.JPG"><img style="border: 1px none #000000; display: inline; float: right; margin-left: 10px; width: 105px; height: 111px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_009n4c8fd61e_tn.jpg" border="0" alt="Jah.JPG" width="231" height="250" /></a>La mère Jah est un être comme on en rencontre peu. La délicatesse suit chacun de ses gestes quand elle marche, qu&#8217;elle nage, qu&#8217;elle mange Cette même délicatesse enveloppe sa voix dont chaque parole est un océan de sagesse. Son esprit est en total harmonie avec la nature et les êtres qui l&#8217;entoure. Elle rayonne.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">J&#8217;ai toujours eu ce tempérament « garçon manqué » qui fait que je suis plus à l&#8217;aise, en général, avec la gente masculine. Les gestes trop brusques, la voix trop forte, j&#8217;ai du mal à m&#8217;identifier au modèle de la femme douce, fragile, discrète Les femmes que j&#8217;ai rencontrées cette année ont des vies très dures : de nombreux enfants, du travail au champ, des conditions de vie difficiles. Ce sont des femmes vraies, simples, féminines. Bien que coquettes, elles n&#8217;ont pas la superficialité que l&#8217;on peut trouver en France. Elles m&#8217;ont appris à accepter ma part de masculinité, certes, mais aussi à découvrir ce don de communiquer sans parole. J&#8217;ai eu l&#8217;impression d&#8217;être naturellement acceptée dans leur cœur, sans préjugé, sans pré-requis, et que tout naturellement leur douceur, leur sympathie, leur savoir entrait en moi, comme par perfusion.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Je ne pourrais finir ce bilan de voyage si je ne parlais pas de nous 4. Il n&#8217;est pas toujours simple de voyager en groupe, presque chaque jour ensemble tout en respectant les envies de chacun. Les moments les plus forts de cette relation, ont incontestablement été les trajets en bateau : travail en équipe, relectures et critiques positives, débats, jeux, émulsions d&#8217;idées Ces journées de travail ont été d&#8217;une incroyable efficacité.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><img style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: block; MARGIN-LEFT: auto; BORDER-LEFT: #000000 1px; MARGIN-RIGHT: 10px; BORDER-BOTTOM: #000000 1px; TEXT-ALIGN: center" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_014n9df7436_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (21)_59.JPG" width="378" height="253" /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">J&#8217;ai l&#8217;impression que nous avons touché du doigt des sagesses universelles. Nous avons maintenant le devoir d&#8217;approfondir ces connaissances en nous plongeant au plus profond de nous et de les partager. Je me sens riche, forte, sûre de moi. Je veux un bouleversement des mentalités en douceur, une remise en cause de notre politique et de notre économie. Je crois en un avenir différent ! Je suis convaincue que notre génération est à un tournant de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité, du monde. Les acteurs de la sobriété heureuse sont chaque jour un peu plus nombreux, j&#8217;en fais partie. Voilà le sens que je veux donner à ma vie.</p>
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		<title>2 visions du voyage</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 13:54:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Allons plus loin...]]></category>

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		<description><![CDATA[Ludo, fin juin 2010 Dans un article précédent, j&#8217;avais décrit ce que nous appelons le tourisme de mode de vie : un tourisme où l&#8217;on visite des sociétés de l&#8217;intérieur, où l&#8217;on échange avec des hommes en vivant avec eux. J&#8217;avais détaillé en quoi cela consiste sur le terrain (immersion, dialogues, ouverture, etc.) et ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: justify"><span lang="FR"><em><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Bateau_Inde_Maroc__94_.JPG" title="Bateau Inde-Maroc (94).JPG"><img src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_002p4db3c13c_tn.jpg" style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: inline; FLOAT: right; MARGIN-LEFT: 10px; BORDER-LEFT: #000000 1px; BORDER-BOTTOM: #000000 1px" height="166" width="250" alt="Bateau Inde-Maroc (94).JPG" border="0"/></a></em></span> <em>Ludo, fin juin 2010 <br/><br/></em> Dans un article précédent, j&#8217;avais décrit ce que nous appelons le <em>tourisme de mode de vie</em> : un tourisme où l&#8217;on visite des sociétés de l&#8217;intérieur, où l&#8217;on échange avec des hommes en vivant avec eux. J&#8217;avais détaillé en quoi cela consiste sur le terrain (immersion, dialogues, ouverture, etc.) et ce que cela rapporte (enrichissements personnels, remise en question). Le présent article complète le précédent en évoquant d&#8217;abord quelques aspects de notre manière de voyager hors « visite de mode de vie », puis en parlant du tourisme classique.</p>
<p> <span id="more-1461"></span>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">En bons « touristes de mode de vie », nous avons organisé et vécu notre voyage en étant le plus possible en accord avec nos objectifs et nos valeurs. Nous voulions tout d&#8217;abord découvrir, échanger, nous ouvrir. Nos immersions dans les villages sont tout à fait dans le cadre de cet objectif. Nous souhaitions aussi que notre aventure reste sobre en terme d&#8217;impact sur l&#8217;environnement, surtout en ce qui concerne les déplacements.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Se déplacer sans se presser</strong></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Une des décisions les plus significatives concernait nos trajets intercontinentaux : nous avons préféré le bateau à l&#8217;avion. Pourquoi ce choix ? Il faut savoir que lors d&#8217;un aller retour Paris-New-York, un passager aérien émet en moyenne 900 kg d&#8217;équivalent carbone soit un tiers de l&#8217;émission annuelle d&#8217;un Français tous gaz à effet de serre confondus. Le bateau cargo est une alternative à l&#8217;avion &#8211; même si il n&#8217;est pas généralisable comme mode de transport de passager à l&#8217;heure actuelle : les cargos qui en acceptent sont plutôt rares. Pour une distance équivalente, transporter une tonne de marchandise par cargo est entre 60 et 180 moins émetteur de gaz à effet de serre que par avion*.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: center"><img src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Bateau_Inde_Maroc__140_.JPG" alt="Bateau Inde-Maroc (140).JPG" height="245" width="525"/></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Evidemment, rester enfermé pendant 2 ou 3 semaines sur un bateau de marchandise peut en effrayer plus d&#8217;un. Mais nous avons beaucoup apprécié ce moyen de transport qui « prend son temps » (cf article d&#8217;Audrey). La découverte des océans, la vie dans une bulle déconnectée de la terre ferme, tout cela confère au voyage sur les flots un côté aventureux, poétique &#8211; un comble pour une mini-usine mouvante. De plus, pour se reposer, réfléchir ou créer, le cadre est idéal.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Au sein des continents, nous avons privilégié l&#8217;usage des transports en communs comme le train, le bus ou le taxi brousse. En plus des raisons écologiques &#8211; retenir que plus il y a de monde, moins l&#8217;impact par personne est grand &#8211; nous aimons ce mode de voyage car il est toujours un terrain fertile et convivial d&#8217;immersion dans une culture. Nous nous souviendrons des belles rencontres que nous avons faites dans les trains en Russie, en Chine ou en Inde. Certes, pour apprécier les déplacements locaux il faut souvent passer outre des nombreux inconvénients : dangers de la route pour les bus, mal du transport, ponctualité douteuse, inconfort dû à la chaleur, au bruit, à la poussière, aux odeurs, à la densité parfois incroyable de personnes, etc. Mais il est possible de voir ces expériences comme une école de la patience, de la résistance ou de la tolérance. Etrangement, c&#8217;est une vision que l&#8217;on aborde plus facilement après coup</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Autostop__14_.JPG" title="Autostop (14).JPG"><img src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_004p580027d8_tn.jpg" style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: inline; FLOAT: left; BORDER-LEFT: #000000 1px; WIDTH: 178px; MARGIN-RIGHT: 10px; BORDER-BOTTOM: #000000 1px; HEIGHT: 111px" height="135" width="206" alt="Autostop (14).JPG" border="0"/></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">L&#8217;auto-stop est aussi un moyen de transport qui nous plaît : nous l&#8217;avons utilisé pour nos déplacements en Europe. C&#8217;est pour nous une manière de faire des rencontres et de s&#8217;ouvrir, tout en économisant des sous. Et puis on s&#8217;y retrouve aussi en terme écologique : les voitures sont mieux remplies, donc l&#8217;impact par passager est atténué.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Pour finir, voici d&#8217;autres choix que nous avons faits pour rester en cohérence au jour le jour avec nos envies de découvertes et d&#8217;échanges : <br/>- Le réseau couchsurfing nous a permis de trouver des amis tout au long de notre route, des amis qui nous logent et nous font découvrir le pays « de l&#8217;intérieur ». C&#8217;est une excellente alternative à l&#8217;hôtel où l&#8217;ambiance est froide et où l&#8217;on ne rencontre souvent pas grand monde. <br/>- Nous avons préféré goûter à la nourriture locale plutôt qu&#8217;à des plats occidentaux. Cela a très souvent été une expérience gustative intéressante (miam), même si quelquefois la diversité a pu manquer, ou que le piment être trop présent. Mais à chaque fois, quel plaisir de découvrir les richesses de la gastronomie du pays ! Il y a aussi un intérêt pour la planète &#8211; et donc pour nous : moins de transports sont nécessaires aux spécialités du coin.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><strong>Le voyage marchandisé</strong></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Après avoir donné ces quelques indications sur la manière dont nous avons voyagé, il me paraît intéressant de mettre en regard notre conception du voyage avec celle du touriste classique.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Je me souviens d&#8217;un voyage organisé au Brésil dans ma jeunesse, subventionné par l&#8217;entreprise de ma mère. En deux semaines, nous avions sauté de villes en villes en enchaînant hôtels, aéroports et sites touristiques. A l&#8217;époque, ce type de vacances me plaisait. Et pour cause, pas besoin de les organiser en avance : sur place, on se laisse tranquillement porter par le guide qui gère hébergement, nourriture et visites. Et surtout, tout en nous déconnectant du quotidien, on découvre en quelques jours les plus beaux sites d&#8217;un pays exotique.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Mais à présent, de cette expérience je ne vois plus que le côté artificiel des sites touristiques, le zapping de villes qu&#8217;on a tout juste entrevues, les contraintes de voyager en groupe en suivant un guide et un planning. Et puis, surtout, avais-je seulement fait une vraie rencontre avec un Brésilien ? Non. Pouvais-je dire autre chose que « merci » dans cette langue ? Non plus.</p>
<p><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Kabadio__287_.JPG" title="Kabadio (287).JPG"><img src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_006n3f8c00e_tn.jpg" style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: block; MARGIN-LEFT: auto; BORDER-LEFT: #000000 1px; MARGIN-RIGHT: auto; BORDER-BOTTOM: #000000 1px; TEXT-ALIGN: center" height="166" width="250" alt="Kabadio (287).JPG" border="0"/></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Je peux tout à fait comprendre que ce cocktail fasse des adeptes. Mais ne manque-t-il pas du sens ? Dans cette industrie du tourisme, le voyage est vendu comme un divertissement dans lequel les cultures sont survolées en montrant le spectaculaire et en dédaignant l&#8217;authentique. On passe à côté de l&#8217;essentiel. Il me semble que visiter un pays en ignorant ses habitants, c&#8217;est comme se rendre à un spectacle en gardant son baladeur dans les oreilles : on voit de belles choses qu&#8217;on ne comprend pas vraiment puisque l&#8217;on ne s&#8217;ouvre pas. Le politologue et écrivain Paul Aries** appelle ça le voyage <em>hors sol</em> : « des voyageurs de plus en plus nombreux sillonnent la planète sans rencontrer autrui, reproduisant à l&#8217;identique ce qu&#8217;ils vivent chez eux. [] Il ne suffit pas de se déplacer pour voyager ».</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Et puis on est pris par la main comme des enfants, on nous dit où aller et quoi faire. Au Tibet, où il n&#8217;est autorisé d&#8217;entrer que pas le biais d&#8217;une agence touristique, nous nous souviendrons des suggestions tant de fois réitérées de notre guide : « Here you can take a picture » (ici vous pouvez prendre une photo). Le touriste a-t-il seulement des yeux pour s&#8217;en rendre compte de lui-même ? Cette infantilisation invite à se laisser diriger sans se poser de question. Ce qui ouvre la porte à une marchandisation à grande échelle : le client uniformisé consomme le voyage dénaturé.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Il y a aussi un autre inconvénient du tourisme de masse : son impact, aussi bien sur les populations locales que sur la planète. A petite échelle, il est souvent reconnu comme étant un facteur de destruction de la culture et des tissus sociaux. Ensuite, il engendre des nombreux déplacements de longues distances qui sont, on l&#8217;a vu, fortement impactants à l&#8217;échelle globale. Si bien que le Financial Times*** estime que « le tourisme sera de plus en plus considéré comme l&#8217;ennemi environnemental public numéro un ».</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Le touriste sait-il seulement qu&#8217;une autre façon de voyager est possible ? En prenant le temps de s&#8217;imprégner des villes, de communiquer avec les locaux, de s&#8217;intéresser à leur vie, l&#8217;expérience est d&#8217;après moi immensément plus riche. Et puis il n&#8217;est pas indispensable pour cela de se rendre à l&#8217;autre bout du monde : par exemple, l&#8217;Europe jouit d&#8217;une immense variété de cultures.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Le plus dur est le premier pas, se jeter à l&#8217;eau, aller à l&#8217;inconnu. Et puis après tout, on est plus tolérant à l&#8217;inconfort qu&#8217;on ne le pense. Au final, le bénéfice qu&#8217;on en tire mérite dix fois la peine qu&#8217;on y a mise : se confronter à d&#8217;autres cultures &#8211; pas seulement artificiellement &#8211; permet de prendre conscience des limites et des forces de notre société, tout en augmentant la tolérance et l&#8217;ouverture à d&#8217;autres visions du monde. Rencontrer l&#8217;autre fait grandir, permet de prendre du recul sur soi, de réaliser une saine introspection. C&#8217;est une quête individuelle qui a du sens. Testez et vous verrez !</p>
<p><a href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Coc_Nghe__367_.JPG" title="Coc Nghe (367).JPG"><img src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_008n2384a27d_tn.jpg" style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: block; MARGIN-LEFT: auto; BORDER-LEFT: #000000 1px; MARGIN-RIGHT: auto; BORDER-BOTTOM: #000000 1px; TEXT-ALIGN: center" height="266" width="400" alt="Coc Nghe (367).JPG" border="0"/></a></p>
<p>* JM Jancovici sur le site <a href="http://www.manicore.com">www.manicore.com</a> <br/>** Paul Aries et B.Costa-Prades dans leur livre « Apprendre à faire le vide » <br/><span lang="EN">*** Article du 10/11/2006 : « welcome to the age of less »</span></p>
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		<title>Voyage dans la nature</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Jun 2010 14:12:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[4 - Bénin]]></category>

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		<description><![CDATA[Guillaume, juin 2010 Notre voyage a indubitablement été riche en expériences qui nous ont fait prendre un nouveau recul sur notre vie. Et jusqu&#8217;au dernier moment, nous aurons rencontré des personnes qui nous auront fait grandir un peu plus. A Ouidah au Bénin, avant de nous diriger vers le port de Cotonou où le bateau [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="TEXT-ALIGN: justify"><em>Guillaume, juin 2010</p>
<p></em>Notre voyage a indubitablement été riche en expériences qui nous ont fait prendre un nouveau recul sur notre vie. Et jusqu&#8217;au dernier moment, nous aurons rencontré des personnes qui nous auront fait grandir un peu plus. A Ouidah au Bénin, avant de nous diriger vers le port de Cotonou où le bateau nous attendait pour rentrer en Europe, nous avons passé un week-end mémorable chez les Jah, au coeur de la nature&#8230;<span id="more-1471"></span></p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><a title="Ouidah (69).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Ouidah__69_.JPG"><img class="aligncenter" style="display: block; text-align: center; border: 0px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_007p7a37c180_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (69).JPG" width="250" height="166" /> </a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">La Mère et le Père Jah sont deux Français d&#8217;une soixantaine d&#8217;années, d&#8217;origine africaine, nés à Paris. Ils vivent dans la mouvance <em>rastafari</em>, née dans les années 70, fondée sur une des interprétations de la Bible qui place la Genèse en Ethiopie. Ses adeptes reconnaissent Haile Selassié, qui fut roi d&#8217;Ethiopie au milieu du XXème siècle, comme leur prophète. Leur philosophie prône un retour à la nature &#8211; le « Zion » que chante Bob Marley &#8211; à l&#8217;Eden, jardin de la création. A la fin des années 60, les Jah, qui vivaient alors en Guadeloupe, ont décidé d&#8217;organiser leur grand retour en Afrique. Avant cela, ils se sont préparés en s&#8217;isolant dans une montagne guadeloupéenne, où ils ont passé 7 ans en autarcie, en totale harmonie avec la nature. C&#8217;est finalement en 2000 que la famille, qui compte entre temps 4 enfants, est arrivée au Bénin. Les Jah ont pu acquérir un terrain à quelques kilomètres de Cotonou, situé en bordure d&#8217;un lac. Ils y vivent de la culture de la terre, de l&#8217;artisanat et de la restauration végétalienne. Ils gèrent une école d&#8217;une centaine d&#8217;élèves pour les enfants déscolarisés. Là-bas, nous nous laissons absorber par leur véritable <em>art de vie</em>, par leur profond respect de l&#8217;Etre Humain et de la Nature.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><a title="Ouidah (112).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Ouidah__112_.JPG"><img style="display: block; margin-left: auto; width: 200px; margin-right: auto; height: 300px; text-align: center;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_003p3c1e751e_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (112).JPG" width="200" height="300" /> </a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Je suis passionné par les récits de la Mère Jah. Elle nous explique comment elle et son mari ont réussi ce pari fou : vivre isolés de la civilisation, pendant 7 ans, pour expérimenter la vie dans la nature. &nbsp;&raquo; Nous nous réveillions le matin, avec une seule idée en tête : le feu. Il fallait que l&#8217;on tienne le foyer éveillé nuit et jour, car nous n&#8217;avions pas de quoi refaire du feu. Et là-haut, pas de cailloux spécifiques que l&#8217;on aurait pu frotter&nbsp;&raquo;. Rendez-vous compte ! 7 années à garder un feu allumé ! Le feu était seulement un exemple parmi les dizaines de petites choses qui devaient être différentes. Au fil du récit, j&#8217;en imagine d&#8217;autres : se trouver à manger, se protéger des intempéries, se vêtir, se soigner, &#8230; Et même accoucher &#8211; 3 fois &#8211; sans s&#8217;aider de moyens modernes. Cela me parait irréaliste. Mais quelque chose attire mon attention : les paroles de la Mère Jah sont apaisées, ses yeux brillent, son récit est calme et langoureux. Il respire un bonheur vécu et non un calvaire. Petit à petit, je peux m&#8217;imaginer les scènes de leur vie. Je m&#8217;aperçois que les contraintes apparentes de ce quotidien peuvent être vécues comme des conditions différentes, et que l&#8217;homme peut choisir de s&#8217;en accommoder. Je vois les arbres qui donnent les fruits ; la terre qui fait pousser les graines ; la famille toute entière qui grandit en haut de la montagne, dans un cadre sain. J&#8217;estime la qualité d&#8217;un tel mode de vie, du point de vue de l&#8217;air, de l&#8217;eau, de l&#8217;alimentation. J&#8217;imagine l&#8217;équilibre écologique qui doit nécessairement s&#8217;établir dans leur lieu de vie pour qu&#8217;il reste accueillant et durable. Je commence à me <em>rendre compte</em> qu&#8217;en fait cela est possible. La clé pour comprendre, c&#8217;est de se dire que tout est dans la nature. Cela m&#8217;apparaît finalement même comme une évidence : elle a été créée pour les êtres vivants, et il suffit de la respecter pour qu&#8217;elle continue à nous entretenir. Cette pensée me fait du bien.</p>
<p>Je suis conquis par les sages paroles du Père Jah. Il nous parle de ce qu&#8217;il appelle la Divinité qui est en nous. Il nous dit que les humains ont la capacité d&#8217;instaurer facilement des relations vertueuses entre eux. &laquo;&nbsp;Vous savez, ce qu&#8217;il y a de plus grand en nous, c&#8217;est l&#8217;âme. Nous sommes tous, au fond, une âme pure, une âme aux capacités divines, qui s&#8217;exprime dans un corps. Cette nature divine peut permettre à chacun de nous de s&#8217;ouvrir comme une fleur. Et si l&#8217;on réunit toutes les couleurs et senteurs des fleurs humaines, on peut réussir à former le bouquet qui révélera les multiples splendeurs de l&#8217;Homme&nbsp;&raquo;. J&#8217;écoute d&#8217;abord simplement ces paroles, mais je suis rapidement gagné par un sentiment de plénitude, une impression de vérité en somme. Mes expériences m&#8217;ont prouvé que j&#8217;avais en moi les solutions aux problèmes qui apparaissaient dans ma vie. Je sens toujours au fond de moi une petite voix, une conscience, qui me guide. Et si il y avait effectivement quelque chose de surnaturel, de magnifique, de divin là-dedans ?</p>
<p><a title="Ouidah (63).JPG" href="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/Ouidah__63_.JPG"><img class="aligncenter" style="display: block; margin-left: auto; width: 400px; margin-right: auto; height: 266px; text-align: center;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_004p5e4ce700_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (63).JPG" width="400" height="266" /></a></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"> Je suis à l&#8217;aise dans le monde de la famille Jah au milieu de ces potagers, ces parterres de fleurs et de plantes aromatiques. Le dimanche, nous participons au jardin. Planter les graines de pastèque, refaire les plants de papaye ou de tomates, arroser toute la pépinière, &#8230; Cela faisait bien longtemps que je n&#8217;avais pas contribué de si près à faire grandir ma propre nourriture. Il est quand même motivant de se dire que de ce travail naîtront des produits naturels, que l&#8217;on pourra consommer sans crainte. Je mesure la noblesse d&#8217;une telle activité, et à quel point dans notre société on a perdu ce contact avec la terre. Je repense aux paroles de la Mère et du Père Jah, et me dis que les premiers humains devaient réussir à vivre grâce aux produits naturels. Quand on y regarde de plus près, on voit que la nature propose des richesses en abondance : nourriture, plantes médicinales, arbres pour respirer, eau filtrée par la terre ou certaines algues, etc. Me rappeler que tout le développement de l&#8217;homme a été possible grâce aux ressources présentes naturellement permet de me rapprocher de notre origine : la &laquo;&nbsp;Terre mère&nbsp;&raquo; comme disent les Jah. A midi, la nourriture végétalienne, concoctée par Audrey et Ichtjah le cuisinier, me réjouit. Les fruits et légumes naturels ont une saveur exceptionnelle.</p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify"><img class="alignleft" style="BORDER-RIGHT: #000000 1px; BORDER-TOP: #000000 1px; DISPLAY: block; MARGIN-LEFT: auto; BORDER-LEFT: #000000 1px; MARGIN-RIGHT: 20px; BORDER-BOTTOM: #000000 1px; TEXT-ALIGN: center" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_005n1c0b2468_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (77).JPG" width="266" height="400" /></p>
<p style="TEXT-ALIGN: justify">Finalement pour nous 4 le temps passe très vite chez les Jah. Au fil du week-end, les discours, les observations et les expériences nous apprennent beaucoup sur notre rapport à la nature. La philosophie des Jah rassure, apaise, quant à l&#8217;avenir du monde. Loin d&#8217;être perchés dans des considérations spirituelles abstraites, les Jah nous auront démontré par leur mode de vie au jour le jour certaines vérités trop souvent mises de côté. Au bout de 2 jours et demi, notre société dite &laquo;&nbsp;de consommation&nbsp;&raquo;, qui nous semble marcher sur la tête, nous apparaît plus que jamais anti-naturelle. Logiquement elle ne peut qu&#8217;évoluer vers une meilleure considération de la relation homme &#8211; nature. L&#8217;Homme avec un grand H est au-dessus de ce système économique que certains &laquo;&nbsp;petits hommes&nbsp;&raquo; imposent. L&#8217;homme possède en lui les capacités pour créer le monde de demain, en se rappelant qu&#8217;il est issu de la nature et qu&#8217;il doit la chérir pour survivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre projet Dialogue sur Terre a sa place dans cette prise de conscience et ce besoin de construire un monde nouveau. Avec les considérations de la famille Jah, il prend pour moi cette nouvelle dimension. Nous allons nous servir de notre vécu pour donner envie à nos concitoyens de réfléchir à leurs choix de vie. Nous nous efforcerons de montrer l&#8217;exemple dans nos faits et gestes, en gardant une cohérence. Nous continuerons à aimer notre planète, sans en rougir. Nous continuerons tout cela, pour que le sourire de nos petits enfants soit le plus éclatant possible. Pour qu&#8217;ils soient réellement heureux de vivre dans ce monde, qui a été créé pour cela.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="display: block; text-align: center; border: 0px;" src="http://www.dialoguesurterre.fr/blog/wp-content/uploads/2010/06/zrtn_006n4a5c8c55_tn.jpg" border="0" alt="Ouidah (68).JPG" width="250" height="166" /></p>
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